Pendant longtemps j'ai été de ceux qui critiquaient violemment les élites africaines pour leur perfomances médiocres en terme de gouvernance et leurs incapacités à offrir un environnement meilleur à nos populations. Mais se remettre en cause est signe de sagesse. L'Afrique est malade, et ce n'est pas en multipliant les conflits que nous allons la remettre sur pieds.Il existe un gouffre d'incompréhension entre les enfants d'Afrique dû à un manque de clarté des discours.Nos dirigeants ne sont pas des dieux même si certains d'entre eux se prennent pour.Ils sont humains et comme nous font des erreurs et malgré tout ils ne peuvent pas être partout à la fois, ce qui m'amène à conclure que nous ne pouvons pas leur imputé tous nos maux, d'ailleurs arrêtons de chercher des coupables et soyons les acteurs de notre devenir.
À mon avis il y a un mot essentiel qui est à la base de tout le désordre que nous affrontons et ce mot il faut que nous sachions ce que nous y mettons. Ce mot c'est le développement. Ah le développement, le mot du siècle, le mot qui défrait les chroniques. Par curiosité je suis allé chercher quelques définitions du mot et en voici quelques unes selon le larousse:
"Fait de grandir, de croître, de se développer"
"Fait pour quelque chose de progresser, de s'accroître, de prendre de l'importance".
Je n'ai pris que les définitions génériques, vous pouvez toutefois consulter la page de larousse pour voir les autres. Mais une chose est claire, la définition du mot ne nous permet pas de l'appliquer à une société sans ambiguité. Nous savons que notre corps se développe en voyant les changements durant les différentes phases de notre vie or les changements que nous remarquons sont préétablis par la nature et nous n'avons pas vraiment de pouvoir sur eux, la société est plus complexe, elle requiert des compétences infiniments plus amples pour la comprendre et nous seuls pouvons lui apporter des changements, cependant le système politique que nous adoptons aujourd'hui dans la majeure partie du monde et aussi en Afrique qui est celui de la démocratie représentative a été théorisée et mise en pratique par des gens influencés par la pensée mécaniciste qui elle est basé sur les théories cartésiennes qui vont à l'encontre de complexité. Ceci dit, aujourd'hui les propres européens qui ont construit cette pensée la remette en cause et se rapproche de la théorie de la complexité et de la pensée systémique dont les applications pratiques les plus évoluées en terme d'organisation sociale sont en Afrique, c'est à dire que scientifiquement, l'Afrique est aujourd'hui encore avant gardiste, même si technologiquement nous sommes en retard, mais encore faudrait-il que nous le sachions. Je ne m'attarderai pas sur les explications de ces concepts, ceux qui sont intéressés peuvent faire leurs recherches, mon objectif est de nous faire comprendre que prendre comme baromètre l'occident ou quelque autre partie du monde pour définir nos objectifs de développement est une erreur, étant donner que leur modèle de développement de ces derniers siècles est aujourd'hui remis en question par leur propre monde scientifique et philosophique et est en train de mourir à petit feu. Pour parler de développement, il faut au minimum pouvoir le définir. Pourquoi pensons-nous ne pas être développés? En répondant à cette question, nous pourrons pointer les nécessités essentielles qui font que nous sommes insatisfaits de notre situation actuelle ainsi nous pourrons dire de façon concrète à nos dirigeants dans quelle direction il faut aller. Laisser ce travail pénible à un groupuscule de gens au sommet de l'état, qui n'ont pratiquement pas de contact avec les situations quotidiennes est une erreur grave et cette erreur nous incombe à tous et pas seulement à eux. Il faut pouvoir dire clairement quels sont les objectifs essentiels qu'il urge d'atteindre pour que la majorité des africains soient satisfaient. Le concept de la jarre trouée du roi Ghézo au Danxomè illustre bien ce que j'essai de dire, la jarre ne peut retenir l'eau que si nous tous bouchons les trous et s'attaquer perpétuellement à nos dirigeants malgré toutes leurs erreurs, ne contribue pas à améliorer la situation de la jarre.
Malgré tout, les dirigeants africains sont aussi des fils d'Afrique et comme vous et moi ils font des erreurs, aidont les à en faire moins en créant des voix pour leur faire entendre notre cri de peine, aimons l'Afrique sous toutes ses facettes et essayons la transformation par le dialogue, essayons la voie de l'amour, de la compréhension,du partage, essayons de rééduquer nos politiciens par le dialogue.
Faisons de la politique autrement, la meilleur façon de destabiliser un adversaire est de le surprendre et je suis sûr que la voie du dialogue et de la compréhension surprendra la majorité parce qu'elle est pleine de sagesse, pour lutter contre la haine il n'y a que l'amour. Et tout ceci ne veut pas dire qu'il faut arrêter de critiquer les positions de nos dirigeants mais qu'au delà des critiques, nous fassions des propositions concrètes pour résoudre les problèmes qui nous empêchent d'atteindre nos objectifs.
Abiola Akandé YAYI
